Je vous propose maintenant un extrait d'une conversation entre Ignacio Ramonet et le Sous Commandant Insurgé Marcos.
-Ignacio Ramonet est un journaliste d'origine espagnole, directeur du mensuel français Le Monde Diplomatique et fondateur de l'association ATTAC. Il est également à l'origine du slogan "Un autre Monde est possible".
-Le Sous Commandant Insurgé Marcos est le porte parole des communautés zapatistes et commandant en chef de l'EZLN, l'Armée Zapatiste de Liberation Nationale.
Ignacio Ramonet: J'ai le sentiment que, parmi les obstacles que rencontre la globalisation dans son dessein de s'imposer sur toute la planète, il y a la culture. Pensez-vous que les valeurs culturelles locales, que les identités minoritaires peuvent frainer, d'une manière ou d'une autre, l'invasion globalisatrice?
Marcos: Là aussi, une grande bataille se livre. Parce que, bien sûr, dans sa fureur hégémonique, la globalisation s'empare d'éléments culturels et prétend homogénéiser culturellement le monde. Elle tente de généraliser l'ensemble de la planète avec toute la séduction dont elle est capable, l'American Way Life, le mode de vie des Etats-Unis, qui est celui que s'y prête le mieux. Ce faisant, l'objectif recherché est de déplacer les critères de valorisation d'une société. A quoi jugeait-on, jusqu'à présent, une société, une civilisation? A ses critères de beauté, de création, de sagesse, d'éthique, de justice, de morale, d'honnêteté...
Eh bien, désormais, les valeurs du marché - la rentabilité, le profit, l'efficacité - s'imposent partout et remplacent tout le reste. Elles président aux décisions des gouvernements, régissent le fonctionnement des familles, s'imposent à l'école, règnent au sein des médias. L'individu n'est admis à occuper une place dans la société que s'il est apte à produire et à acheter.
Et vous qu'en pensez-vous???
Cet extrait de conversation est tiré du livre "Marcos, La Dignité Rebelle".